Tout ça manque tout de même cruellement de zombies.

Je tiens  à me rouler aux pieds (en remuant la queue) de toutes les blogueuses, célèbres ou anonymes, qui dissertent à longueur de pages sur leurs pertes blanches, leurs horoscopes rose bonbon, la première dent de leur petit dernier, leur nouveau modèle de napperon au crochet, leur dernière recette de courgettes en papillotes, la  collection Vuitton printemps-été 2010, les crèmes de nuit Avène, les crèmes de jour L’Oréal, la couleur de leurs chaussures et aussi celle de leur caca.
Sans ces dizaines de sources d’inspiration, le Pas Blog (de fille) n’existerait pas.

La fille qui venait de voter par erreur pour un compositeur mort écrasé par un porte-parapluie (mais qui ne regrettait rien)

Dimanche, avec Loutre et ma maman, on a voté.

Moi, je fais pas beaucoup de choses sérieuses, rapport à mon retard mental et affectif (c’est Loutre qui dit ça, pas moi), je préfère généralement dézinguer des morts-vivants sur ma console de jeu ou regarder des séries télé pleines d’extraterrestres, ou donner le biberon aux bébés hérissons qui ont perdu leur maman à cause du réchauffement climatique et des pesticides.

Mais bon, quand même, je vais toujours voter quand c’est le moment, parce que ça m’oblige à aller dehors au moins une fois (dehors, c’est l’endroit qui me fait toujours peur à cause des gens qui y habitent, et aussi à cause des petites bêtes qui volent et qui piquent, et puis j’ai plein d’allergies très graves à cause des fleurs et des arbres et de l’herbe, et tout ça me donne des anxiétés qui énervent beaucoup Loutre).

Alors dimanche, on a pris la voiture, on a mis tout le monde dedans (les chiens, le déambulateur de ma maman, la béquille de ma maman, les médicaments de ma maman, et puis ma maman), et on est tous partis au bourg.

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Catégories : Développement personnel et recherche du bonheur (c'est ça...) | Étiquettes : , , , | 4 Commentaires

La fille qui venait de comprendre que le courant alternatif n’est pas seulement un mouvement cinématographique indépendant kazakh  des années 70

 

 

Avec Loutre, on passe beaucoup de temps à parcourir les champs naturels de notre campagne bretonne.

C’est pas vraiment qu’on en a envie, c’est plutôt qu’on a pas trop le choix, vu que nos chèvres, souvent, elles se barrent de leur pré pour aller manger les blés et les maïs élevés par le père Le Goff (et ça fait toujours des histoires).

L’autre jour, c’était la troisième fois en une semaine qu’elles se faisaient la malle, mais on s’en est pas rendu compte tout de suite, vu que moi j’étais en train d’atomiser des nazis sur ma console et que Loutre donnait un cours en visioconférence (« Le management d’équipe bienveillant : stopper les violences intrinsèques et les non-dits dans l’écosystème de l’entreprise ») (moi non plus je comprends pas trop le titre, mais ça fait quand même vachement sérieux).

Donc j’étais en train de faire sauter un dépôt de munitions à côté de Hanovre (y’avait plein de snipers partout, et aussi des sentinelles avec des chiens qui disaient « Wir werden den Amerikaner bekommen ») (les sentinelles, pas les chiens), quand on a frappé à la porte, et c’était le père Le Goff.

-Koissé ? j’ai dit (j’étais pas trop jouasse de devoir laisser ma partie, j’avoue)

-Dites voir, y’a encore vos PUTES A CORNES qui sont en train de bouffer mon maïs !

-Koissa ?

-Véronique et Davina, là, Heckel et Jeckel, Mussolini et Franco ! Dans mon champ, en train de faire une putain de Blitzkrieg ! Attila et Gengis Khan en pleine razzia !

-Oué ?

-Va falloir bouger ton cul et les récupérer fissa, sinon je m’en vais te faire le méchoui du siècle, moi ! T’entends, la PARISIENNE ?

Alors moi, si y’a une chose que je supporte pas, c’est que les gens de la campagne m’appellent « parisienne ». Déjà parce que j’habite plus à Paris depuis très longtemps, et puis surtout parce que quand ils te disent ça, ils veulent que tu comprennes bien que t’es juste une débile légère qui va faire ses courses chez Monoprix au rayon « Bio et équitable » et qui achète plein de sacs très à la mode et très chers en prenant sa grosse voiture pour faire 200m jusqu’à la Place de la Concorde, et aussi que tu vas boire des coups au Banana Café le samedi et que tu manifestes pour la planète le dimanche. Et moi, j’achète pas de sacs très chers et j’ai même pas de grosse voiture, et je vais plus aux manifs (la dernière fois, j’ai cru aller manifester pour le mariage homo et en vrai c’était un truc pour demander que les agriculteurs gagnent plus de sous, et j’ai pas vu le tracteur, et Loutre a eu beaucoup de mal à me retrouver sous les deux tonnes de fumier, et j’ai été très malade).

– JE SUIS PAS UNE PARISIENNE, j’ai dit (en majuscules). OK JE VAIS LES CHERCHER (connard)

J’ai pas dit « connard » en vrai, parce que le père Le Goff il ressemble un peu à Guy Carlier, sauf qu’il est blond, et imagine s’il me donne une baffe, le coup du fumier ce sera juste une petite blague à côté.

J’ai mis mes bottes de parisienne (celles avec le symbole « peace and love » dessus) et je suis partie chercher Harry et Sally, qui étaient vachement loin dans le champ de maïs.

Loutre me dit toujours de bien regarder où sont les fossés quand je pars dans la campagne, et je lui demande toujours si j’ai l’air aussi bête que ça et si je ressemble à Diane Keaton dans « Baby Boom » (non mais sans blague).

Donc je suis tombée dans le premier fossé, qui était plein d’orties, et aussi dans le deuxième, qui était plein de ronce et aussi plein d’eau sale, et le temps que j’arrive jusqu’aux deux sosies d’Adolf et Eva, y’avait toutes les mouches noires du coin qui avaient bien compris que c’était open bar et qui étaient venues me tourner autour, et je suis encore tombée en essayant de les chasser (je faisais des grands moulinets avec mes bras, mais comme j’avais de la vase dans les yeux, je voyais pas très bien où je marchais).

Harry et Sally, ils me regardaient arriver en me regardant comme si j’étais la créature de Frankenstein, peut-être parce que je sentais pas très bon et que je saignais un peu de partout, et aussi que j’arrêtais pas de crier « enculé de bordel de merde, ta mère », et ils faisaient des gros yeux ronds, et je sentais qu’ils allaient se barrer en courant, alors j’ai arrêté de bouger et j’ai fait « houuuuuu les p’tits biquets, comme ils sont mignons les p’tits biquets », et bien sûr ils sont partis au galop vers la ferme du Claude, qui est à deux kilomètres de la maison, et j’ai recommencé à dire plein de gros mots très fort en sautant sur place.

Quand j’ai réussi à ramener les chèvres dans leur pré, c’était l’heure du déjeuner et Loutre était en pause dans sa formation très intéressante et très importante.


– Bah t’étais où ? Et… snif…snif… MAIS QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE ODEUR ?

Alors j’ai commencé à pleurer, j’ai dit que j’étais pas une parisienne, que j’avais réussi à rattraper deux animaux très sauvages, toute seule et sans personne, et que même je m’étais blessée gravement mais que j’avais continué, que je détestais les agriculteurs, que je détestais TOUT LE MONDE et que je SAIGNAIS beaucoup et qu’il allait encore falloir aller aux urgences de Saint-Goitre mais que c’était PAS MA FAUTE, et que ma console de jeu s’était mise en veille et que j’avais perdu TOUTE ma progression à Hanovre et que les nazis allaient réussir à faire sauter le pont sur le Rhin A CAUSE DE MOI et que je venais de faire foirer le débarquement de Normandie.

– Mais qu’est-ce que tu racontes ? a dit Loutre.

Alors je lui ai raconté le coup des chèvres qui avaient migré illégalement chez Le Goff, et Loutre a dit que bon, ça suffisait comme ça, qu’on allait pas non plus passer nos vies à courir après des bestioles qui puaient le fromage rance, et qu’on allait acheter une clôture électrique.

Dans le magasin spécialisé, on a acheté une grosse boîte dans laquelle il y avait tout ce qu’il fallait, et aussi un gros cube en métal avec des boutons et des trous bizarres.

– C’est quoi ? j’ai demandé. Un tableau de commande ?

– C’est la batterie, stupide, a dit Loutre.

– Ce serait pas une PARISIENNE ? a demandé le monsieur à la caisse.

De retour à la maison, on a déroulé des kilomètres de truc en plastique de toutes les couleurs accrochés à des piquets, c’était très joli, et les chèvres aussi ont trouvé ça très joli, tellement joli qu’elles ont commencé à le manger. Du coup, c’était pas facile de planter les piquets pendant qu’elles tiraient sur le plastique, et c’est pour ça que j’ai loupé mon coup et que j’ai enfoncé le piquet dans mon pied gauche, et que j’ai recommencé à sauter sur place en criant des choses sales, et on a dû partir aux urgences de Saint-Goitre pour que le docteur Pilchard me fasse un pansement (il rigolait tellement qu’il avait du mal à poser les compresses).

– Z’êtes vraiment une PARISIENNE, il a dit, et Loutre m’a donné un grand coup de coude juste avant que je puisse lui demander s’il voulait pas aller se faire mettre quelque chose de pointu et de long dans le rectum.

On a fini par réussir à installer tous les piquets et les machins en couleur, et Loutre m’a dit qu’il fallait brancher le truc appelé « électrificateur » pour que ça fonctionne.

Moi, je savais pas du tout quoi faire, alors Loutre m’a dit plein de choses à propos des bornes positives et des bornes négatives, des prises de terre et encore d’autres choses. Loutre connaît plein de choses très utiles sur l’électricité (moi je connais plein de choses sur les soldats nazis et les dépôts de munition qu’il faut faire sauter, alors on se complète bien, je trouve).

Donc j’ai branché un fil dans le gros cube en métal, et ensuite j’ai branché l’autre, et j’ai vaguement entendu Loutre se mettre à crier que « NON, pas celui-là ».

Et là, y’a eu comme un gros éclair, et après je me souviens plus de rien.

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La fille qui venait de découvrir qu’elle était l’arrière-petite cousine d’Albert Einstein (du côté de sa tante)(par alliance)

L’autre jour, Loutre a décidé de m’emmener voir un spécialiste.

Pas un spécialiste comme le docteur Pilchard, qui soigne les rhumes, les hémorroïdes et les accidents domestiques, mais un spécialiste de la tête qui fait des diagnostics pour savoir si tu es un débile mental ou un Prix Nobel.

Moi, j’étais pas trop pour et je trouvais que c’était une idée bizarre, et je me suis pas privée de lui dire.

– Mais enfin POURQUOI ? Pourquoi je dois aller voir un type qui fait des tests sur le cerveau des gens ?

– Parce que j’ai beau retourner le truc dans tous les sens, c’est statistiquement IMPOSSIBLE d’accumuler autant de conneries en UNE SEULE journée, semaine, année, dans une putain de VIE. Y’a forcément quelque chose qui cloche chez toi. C’est peut-être congénital, je sais pas.

Et là y’a mon smartphone qui a vibré, et c’était un SMS de ma maman qui disait « En tout cas, ça ne vient pas de mon côté ».

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La fille qui rejouait Le Grand Bleu dans les égoûts de Bazouge-La-Pérouse avec un tuba et des palmes de chez Decathlon

Hier, on a constaté des problèmes avec notre électricité campagnarde.

J’étais en train d’écrire des grosses bêtises sur mon blog (une blague à propos du Père Paul, qui est le curé de la paroisse d’à côté et qui est parti à la prison de la ville pour des histoires de sexe avec la truie de madame Nedelec, ça a bien mis le bazar au village et tout le monde en parle au bar- tabac-PMU « Chez Nénesse » qui est l’endroit où les gens du village font de la politique après la messe).

J’étais en train d’écrire « et puis après, ça a fait des histoires » quand tout à coup, mon ordinateur a fait « POUF » et puis il s’est éteint sans prévenir. A l’étage, j’ai entendu plein de gros mots et puis un grand « boum », et puis encore plein de gros mots et c’était Loutre qui avait plus de lumière dans la douche.

Moi, j’étais pas jouasse d’avoir perdu tout mon travail d’humour et de grande finesse et je commençais déjà à pleurer et à envoyer des objets contre le mur pour apaiser la frustration qui grandissait dans le dedans de moi, et Loutre a descendu l’escalier à poil et y’avait une grosse bosse toute bleue sur son front et de l’eau qui dégoulinait sur les marches, ça faisait « splitch » et « floc ».

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La fille qui hésitait vaguement à comparer son expérience de la maternité à celle de Rosemary Woodhouse

Quand Phlegmon était plus jeune, comme y’avait pas de COVID, on se fendait parfois d’une colo très hype en été.
Par exemple, y’a deux ans, Loutre et moi on lui a proposé de visiter l’Afrique du Sud, pour se reconnecter avec ses racines Noires et découvrir les histoires horribles de l’Apartheid et tout ça.
Et comme on avait passé trois semaines sans nouvelles, ben quelques jours avant son retour on lui a quand même envoyé un SMS à vingt balles qui disait : « T’as aimé ? Retour toujours prévu après-demain ? T’as visité le musée de l’Apartheid ? La maison de Mandela ? T’as pensé à ton arrière-grand-mère et à ton grand-père ? ».
On a attendu longtemps la réponse. Très longtemps. Du coup on a préféré monter se coucher, mais y’a mon iPhone qui nous a réveillé à trois heures du matin avec un SMS qui disait « Tkt, tout OK. GT en boîte ce soir donc pas vu ton SMS. Ici KFC cool et moins cher ! Retour OK le 24. C ki Mandela ? »
On s’est regardé avec Loutre, et on a allumé la télé pour regarder le télé-achat en sanglotant.

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Catégories : Varices, hémorroïdes et autres joies indescriptibles de la maternité | 3 Commentaires

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